Présentation

Mardi 30 septembre 2008

Depuis un temps certain, j’oscille entre ire et tristesse.

La colère étant mauvaise conseillère je m’avise de lui tourner le dos dès qu’elle apparaît.

 

Je connais le terreau sur lequel elle tente de se développer depuis des années : 9 pour être précis !

Comment oublier ces temps où l’homme que j’étais devenu croyait pouvoir aider son prochain même contre son gré sous prétexte qu’il pouvait établir un lien singulier entre lui et ceux qui le sollicitaient.

Las, on ne joue pas indéfiniment avec les outils que le Grand Architecte vous a confiés… ou alors il faut accepter les conséquences de tous ses actes y compris des plus nobles !

 

Je voulais aider un être dont la lumière intérieure n’avait d’égale que la retenue naît d’une longue douleur solitaire et muette. Quand dans un éclair de « lucidité » je vis une image effrayante et dans le même temps le moyen de détourner le cours des choses pour « effacer » cette image, je n’ai pas compris immédiatement la portée de mon implication.(autant essayer de décrire les mots qu’on prononce en temps réel !)

J’ai fini par braver les interdits (que je m’étais fixés depuis longtemps) et j’ai laissé entrer dans mon monde celle qui plus que tout autre avait en cet instant besoin de ma force et de mon ineffable espérance ;

L’énergie connue sous le nom d’Amour inonda mon être et le sien jusqu’à ce que nos corps, messagers de nos émotions partagées ne fissent plus qu’UN issu du DEUX pour finalement donner le TROIS.

A l’instant même où, jailli de mes entrailles, une part de mon moi migrait vers un autre moi, je devinai qu’une page de mon existence se tournait en même temps que le livre de sa vie prenait une nouvelle tournure.

Quelques mois suffirent pour comprendre que le fils de la Terre que j’étais, l’Adam tout puissant que je croyais être, porté par mes victoires coutumières contre l’adversité, n’était plus !

Le Fils de la Lumière venait de se brûler les ailes au Soleil de la passion. Le Maître avait vécu et devait laisser sa place à l’Apprenti pour que s’accomplisse le nouveau cycle…

 

9 mois puis 9 années se sont écoulés. La route est longue et très fréquentée. Je ne connais pas la solitude dans le monde sociétal. J’ai même la chance de partager une portion non négligeable de mon existence avec un être admirable de courage, qui a compris depuis fort longtemps que j’exhale de l’Amour plus que je n’en parle ! 30 ans que je n’ai plus dit ces quelques mots que tant d’hommes et de femmes usent pour n’en point connaître les secrets.

Ces mots qui semblent tourner vers l’Autre expriment avant toute chose le contentement, l’état de jouissance salutaire né d’un instant hors du temps. Dire à l’autre qu’on l’aime revient à dire qu’on est heureux parce que l’on éprouve des sensations hors norme… Il serait plus juste de dire « -j’aime ce que je ressens en cet instant » ! et d’ajouter :  « -et toi… aimes-tu ce que tu ressens en ce même instant ?.. »

 

Le véritable don de soi qui justifie l’imprononçable affirmation s’accorde avec la maîtrise totale de son Ego digne du Maître Accompli. A contrario, l’innocence pré pubère de « l’enfant fée » l’autorise sans restriction à dire son amour dont la sincérité ne peut être remise en cause… même quand un jouet ou une friandise en constituent la contrepartie… Car même pour la plus attrayante des récompenses l’enfant qui n’aime pas la vieille dame au rictus de sorcière ne saurait lui dire qu’il l’aime… quand il ne lui dit pas tout de go qu’il ne l’aime pas (traduisez que ce que ressent l’enfant en cet instant est loin d’être une source de plaisir !)

 

Alors… et cette colère évoquée plus haut… qu’en est-il ? Quel rapport avec ce qui précède ?

 

J’y viens ! Imaginez un fleuve puissant stoppé net par un barrage. Ses eaux tumultueuses n’auront de cesse de se fracasser sur l’obstacle pour le franchir. Puis prenant patience le fleuve va grossir et s’étendre pour élargir son lit, son horizon, afin de trouver un autre chemin qui le mènera à  la mer. Du coup, le barrage devient un élément riverain. Les coups de boutoir font place dorénavant au clapot d’une eau agitée par les vents et les courants de surface. Le mur liquide se fige en apparence tandis que le niveau d’équilibre atteint offre au badaud un spectacle emprunt de calme et de sérénité. Mais ne nous y trompons pas ! Que s’affaiblisse le barrage ou que soit ouverte une brèche dans son flan et la force redoutable des eaux libérées de leur joug temporaire, reprendra tout ses droits.

L’énergie ne disparaît pas ! Elle sommeille et guette l’opportunité de s’exprimer.

Ma colère est une façon qu’à mon énergie de s’exprimer !

Elle n’est dirigée contre personne sinon moi… Elle est le reflet de mes sentiments retenus par le barrage de mes convictions puis libérés brusquement quand une lézarde se transforme en fissure puis en ouverture… Chaque instant écoulé depuis ce « don de moi » voit surgir une lézarde sur le barrage de mes convictions. Combien de fois celles-ci se sont-elles transformées en bouches béantes hors desquelles se sont ruées mes humeurs chagrines ?

 

M’en vouloir ? A quoi bon ? Comment pourrais-je regretter d’avoir empêché qu’un drame s’accomplisse ? En revanche, il me faut vivre avec le poids d’un acte déchirant de tristesse car je ne connaîtrai peut-être jamais le fruit de mon labeur génétique.

 

Je suis ce père sans enfant qui souffre au quotidien d’un manque inavouable. J’ignore le sens du mot jamais. Je garde espoir de franchir les univers qui me séparent de ce que j’ai donné sans désir de retour… par amour de l’Autre !

 

Le temps où je pouvais lire dans l’avenir n’est plus ! Seuls mes voyages oniriques me permettent de « voir » parfois, d’entendre plus souvent… Quand il s’agit de pleurs, je pleure aussi… quand le rire est de mise, je ris aussi… mais plus aussi souvent que je le voudrais !

Ma cécité psychique me fait souffrir uniquement quand je pense à ELLES !

Mon-double-emoi.

 

J’ai accepté de retourner au monde profane en humble apprenti, j’arpente le sentier de la Vie en connaisseur… là est ma croix ! combien est heureux celui qui ne sait pas !

 

Ces quelques lignes écrites ce soir, reflètent sommairement mon état d’Esprit. Une certaine confusion est de mise. Car tel est le chemin initiatique pareil à celui emprunté voici bien longtemps mais cette fois la pierre à tailler non contente d’être brute, sauvage et redevenue grossière (symboliquement s’entend), s’assortie de parties d’une extrême délicatesse dont la taille et le polissage sont chaque jour plus risqués.

 

J’ai dit 

 

 

 

Par Kim Ikol
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